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Quel beau métier professeur

  • De l'utilisation pédagogique du concept de magasin mathématique

    Qu'est-ce qu'un magasin mathématique?

    La réponse est on ne peut plus simple: c'est un magasin dans lequel sont vendus des "objets mathématiques". Le magasin existe. il est par exemple situé entre le MacDo et Zara. Il possède un propriétaire-vendeur, qui peut être l'enseignant et les élèves et des clients qui peuvent être l'enseignant ou les élèves?

    Quel est l’intérêt de ce concept?


    Il s'agit de rendre plus concrète la résolution de problèmes mathématiques, de formuler des conjectures plus réalistes, d'utiliser les notions de base du commerce pour raisonner, de mieux quantifier, classer, ordonner, regrouper. Il permet aussi de mieux définir les objets dont on dispose dans le magasin et ainsi de s'en faire une meilleure image mentale.

    Au lieu de résoudre directement un problème, les élèves vont indirectement  tenter de minimiser le prix à mettre pour acheter des objets, de distinguer des objets pour les acheter, d'apprendre à construire des classes d'objets similaires pour les reconnaître en magasin, de n'acheter que le juste nécessaire.

    Il peut aussi être important d'organiser le magasin, de le ranger, de regrouper les objets similaires, de donner des prix, d'étiqueter....

    Que trouve-t-on dans un magasin mathématique?

    Des points (qu'est-ce qu'un point?)
    Des nombres (qu'est-ce qu'un nombre?), des nombres réels, entiers ou complexes
    Des droites, des cercles, des segments, des parallèles, des fractions, des nombres négatifs, des fonctions croissantes, affines, des médiatrices, des tableaux de variation...

    Tout se vend, s'achète, se solde, se classe, se regroupe (ou pas)! De l'angle de 45° aux nombres complexes en passant par les fonctions et du fil mathématique. Seule l'imagination de l'enseignant est limitative...

    Vous avez besoin de fil mathématique pour construire une spirale. Proposez aux élèves d'aller au magasin mathématique pour en acheter! La question est quelle longueur demander? 1 m? 10 m? Ou une bobine de fil de longueur infinie?

    Vous avez besoin d'unités d'aire? Elles sont aussi à vendre. Tout comme les quarts d'unité d'aire...

    Les fractions irréductibles sont plus chères que les autres... Apprenons à les construire, plus de bénéfice si on est le vendeur, et moins de coût si on est acheteur.

    Vous pouvez aussi vous transformer en agence de voyage qui remplit des hôtels infinis, en salon de coiffure qui propose par exemple des séances de rasage, en organisateur sportif,...etc

    Le passage par le magasin mathématique est source de motivation et d'un meilleur débat de classe. Le problème est plus renvoyé à une optimisation, une organisation qu'à une réussite ou un échec...

    Un premier exemple:

    On achète 1m, 10 m ou une bobine de fil de longueur infinie de fil mathématique pour réaliser cette spirale si on répète l'opération une infinité de fois? Attention le mètre de fil mathématique est cher!

    Capture.PNG

    Un autre exemple:

    Soldes: Petite période grosse remise! 

    10% et 50% pour f(x)=sin(x) et g(x)=sin(100x). Laquelle acheter?

  • Une correction d'exercice réalisée avec Office Mix et Powerpoint

    Je viens de découvrir le add-in Mix de Powerpoint. Je l'ai utilisé pour créer une vidéo de correction d'un exercice.

    Mix permet d'enregistrer des vidéos avec des diapositives comme support. On peut utiliser l'encre numérique et y insérer le flux issu d'une webcam. 

    Il est aussi possible d'insérer des quiz lorsque les montages sont uploadés sur l'espace Microsoft.

    L'utilisation de Mix est intéressante, d'autant plus qu'il permet de séquencer la vidéo en slides. Les enregistrements peuvent donc facilement être découpés.

    Voici un premier essai uploadé sur YouTube. Le changement de slide se remarque. La seconde diapositive comprend l'insertion d'un screencast que Mix permet de faire directement via le menu.

    L'export vidéo se fait en MP4.

    Le menu mix et mon premier essai.

     

    mix, powerpoint,

     

     

     

  • Mes productions avec Scenari, Optim Office, WebMedia2, Rubis et BASAR

    logoScenari300.pngScenari est une excellente chaîne éditoriale qui permet de produire des contenus numériques. Si la présentation peut sembler rigide, la conception même des logiciels Scenari en font un outil très polyvalent pour produire des objets numériques.

    Je me suis attelé à la construction d'un petit site regroupant différents blocs au préalable séparés. J'y ai incorporé un blog avec un système de commentaires.

    Je trouve le moteur de recherche du site remarquable. Testez-le et laissez moi un commentaire (ça fait toujours plaisir!).

    L'ensemble est synthétique et évite la dispersion.Je suis très agréablement surpris.

    Vous trouverez aussi une présentation type carte mentale de mes productions réalisées avec Opale. Optim Office offre cette possibilité, d'inclure des cartes heuristiques, ce  qui est un réel atout. 

    Vers mon site perso créé avec Optim Office

    Capture.PNG

     

    J'ai même créé un CV!

    Rubis permet de créer des quiz tels que celui-ci sur les moteurs de recherche (il parait qu'il b'est pas facile... ah bon?).

    Je me suis aussi lancé dans la construction d'un scénario pédagogique hybride incluant l'utilisation de Wims, Edmodo, GeoGebra et EpsilonWriter. J'ai choisi le thème du Second degré.

    Ce scénario a été construit avec l'outil Scenari, BASAR.

    Vous le trouverez ici.

     

    Capture.PNG

     

    Voici deux articles de Canopé qui citent mon travail... petite grande fierté!

    A noter le recensement de modules réalisés avec Scenari par Christophe Rhein

  • Fini la galère du screencast avec Screencastify!

    Qu'est-ce que j'ai pu galéré pour tenté d'améliorer ma productivité dans le screencasting. Entre les logiciels  de capture en mode "essai", ceux qui vous font collectionner les barres malveillantes dans tous vos navigateurs, les applications dont l'utilisation est limitée en temps, ceux qui affichent un logo, et ceux dont l'utilisation est aussi légère qu'un 38 tonnes, je crois que je m'étais fait une raison.

    Et pourtant je crois à l'utilité pédagogique des vidéos, pas nécessairement pour présenter le cours mais parfois une notion, rappeler une méthode, faire une correction, bref pour réaliser en vidéo, ce qu'on a l'habitude de faire sur le papier.

    Je crois avoir trouvé hier "LaSolutionMiracle". J'ai nommé l'extension Chrome Screencastify, qui permet non seulement de filmer la fenêtre active, mais aussi et surtout le bureau. Ma webcam branchée (je n'utilise pas celle fournie par défaut sur l'ordinateur), l'application la reconnait et le screencast est lancé: 5 minutes chrono!

    Aucune manipulation, avec en bonus la possibilité d'un upload sur YouTube et sur votre Google Drive.

    Bon pour celles et ceux qui n'aiment pas les fonctions dérivées, vous pouvez vous arréter avant!

     

  • L'inavouable scolaire

    Jean-Michel SALANSKIS est agrégé de maths, docteur en philosophie et enseignant-chercheur à l'université de Nanterre-Défense. Il est l'auteur d'une quinzaine de livres, notamment "Vivre avec  les mathématiques" ( Seuil 2009) dont est extrait le  texte joint.
    N'ayant enseigné que dans le supérieur où l'enseignant  garde ses distances avec les centaines d'étudiants de son amphi, je suis quelque peu étonnée par ce texte écrit par un ex-enseignant du secondaire.

    Il me serait agréable et utile de connaître les réactions des enseignants de lycées et collèges à la lecture de ce paragraphe intitulé curieusement  " L'inavouable scolaire" !


    Merci d'avance.

    KOSMANEK  Edith, docteure en maths, universitaire retraitée
    http://kosmosya.xooit.fr/index.php

    Il est possible d'annoter ce texte à partir du lien présent dans mon commantaire - OL.


    *** *** *** ***
    L'inavouable scolaire !   

    "...Par cette école au sein de laquelle il appelle ses élèves à le suivre, de manière mimétique, dans les imaginations pertinentes et les jeux symboliques, l'enseignant a le sentiment de donner chair à une communauté; mais au bout du compte, c'est toute la mathématique dont il sait qu'il n'est que l'officiant local, qui dépend d'une telle communauté, reproduite à des milliers d'exemplaires dans toutes les langues et sur tous les continents.

    Mathématiser, c'est partager des formes imaginaires susceptibles de couvrir les présentations, c'est partager des rites ludiques scripturaux. Parce que le statut "objectif", "externe", "indépendant" de l'objet mathématique est douteux, toute vie avec les maths ne trouve son assurance que dans de tels partages et ne saurait naître et procéder que de l'école. C'est de cela que l'amoureux des maths fait l'épreuve en se trouvant mis en situation d'enseigner. Alors qu'il s'était habitué à vivre la mathématique dans un corps à corps privé avec ses textes, ses énigmes, ses labyrinthes, il avait oublié à quel point cette aventure solitaire présupposait l'extraordinaire, l'intériorisation d'un partage, d'une école, d'une tradition, d'un rite.

    A  vrai dire, le rituel de l'école est ce que l'enseignant retrouve entre les murs du collège et du lycée, quelle que soit sa discipline. S'il y a quelque chose de prépondérant dans ces établissements, en même temps que refoulé dans tout le reste de la vie sociale, c'est ce que j'aime appeler "l'inavouable scolaire". Par là, j'entends la manière dont les élèves et enseignants sont captivés par le rituel scolaire dont chaque micro-épisode sécrète d'émouvantes intensités. A l'intérieur des bâtiments de l’Éducation Nationale, au fil des jours rythmés par les emplois du temps et les services, se joue le jeu du mérite, de la bonne et de la mauvaise volonté, de la distinction, de la récompense, de l'échec, de la réprobation, de la note,  de la joie de la reconnaissance, de l'émotion de la transmission ...
    Or tout cela est largement inavouable !

    L'élève ne peut pas avouer à quel point il désire réussir et être bien vu. Par pudeur de dissimulation de l'amour qui se trahit ainsi, certes, mais aussi parce que de tels sentiments ne sont plus portables dans le monde: chacun est supposé se construire en usant librement de sa liberté, en comparant de manière rationnelle ses choix et leurs conséquences. Chacun est supposé être un principe de plaisir et un principe de réalité, pas un dévouement, une dédicace, un amour. Ce n'est pas se montrer suffisamment le cow-boy ou le détective privé de sa vie que d'exhiber les espoirs et les  peurs de qui suit un enseignant en même temps qu'un enseignement.

    Symétriquement, celui qui enseigne découvre avec effroi et stupeur à quel point ce qui se passe dans sa classe lui importe: les péripéties de l'échec et du succès, de la pédagogie et de la compréhension des élèves. Le sourire de l'élève qui a "pigé" et l'a exprimé dans une phrase bien à lui, l'illumine pendant des jours.
    Le bonheur de découvrir, en corrigeant une copie, qu'un élève a vraiment capitalisé le contenu et réussi un sans-faute, lui tirerait des larmes. Mais la vie de l'école n'est que cela de bout en bout, ce qui se laisse aussi dire sur le versant négatif: le malheur de l'élève qui n'y arrive pas, qui ne lit jamais dans le regard de l'enseignant qu'il a dit ou fait juste, ce malheur est profond et non relativisable. Le vécu de l'enseignant qui sent que les élèves ont décroché, qu'ils attendent seulement que l'enseignant cesse de les perturber sans rien leur promettre, est un des pires vécus de déchéance que l'on puisse traverser. Les enjeux du  savoir et de la pédagogie prennent toute la place, se substituent aux modalités ordinaires de la vie dans l'enceinte scolaire, et composent une étrange totalité, à la fois communautaire, sentimentale et intellectuelle, absolument impossible à communiquer et à faire accepter au dehors:  l'inavouable !

    Celui qui enseigne les maths dans les classes du secondaire se trouve plongé dans l'inavouable plus que n'importe quel autre enseignant. D'abord en raison du poids de sérieux et de responsabilité qui revient aux maths. Le monde ambiant s'est tellement habitué à voir en elles le lieu de la principale sélection que les élèves, la plupart du temps, ressentent qu'autour de la réussite en maths se joue quelque chose d'essentiel qui dépasse l'aléatoire et le transitoire. Du coup, l'enseignant observe la dramatisation extrême, par exemple, des contrôles de maths par les élèves. L'enseignant s'insurge et culpabilise: son enseignement devrait être reçu dans la gaieté et la confiance, il n'a jamais voulu l'angoisse et la souffrance des élèves. Il va faire tout ce qu'il peut pour dédramatiser: que se croire jugé et assigné une place définitive par le degré d'assimilation et de maîtrise qu'on avait tel jour en telle circonstance, est une folie. D'un autre côté, et c'est là que réside éminemment l'inavouable, il va éprouver une gratification immense: après tout, quel que soit le biais social, il se passe ceci: les élèves de la classe le rejoignent dans une sorte d'adhésion passionnée à l'enjeu des maths. Il les voit accepter de se laisser bouleverser par la question de savoir s'ils ont bien compris  ce que sont le noyau et l'image d'un endomorphisme, par exemple ...

    Pour l'enseignant en maths, l'inavouable rejoint le mystère de l'école mathématique. Que la vie des élèves s'engage généreusement dans l'acquisition  des contenus mathématiques, il le prend comme la voie selon laquelle se reconstitue autour de lui et persiste avec lui l'antique école de la mathématique: celle qui, des Grecs aux séminaires Bourbaki, abrite une aventure qu'il sait extraordinaire, celle de l'esprit mathématique. Il tend à prendre l'implication scolaire de ses élèves dans les enjeux scolaires comme ce à la faveur de quoi s'organise la responsabilité collective d'une communauté à l'égard des objets et des significations mathématiques. Les maths étant l'effort de l'humanité pour expliciter, organiser et faire fonctionner un monde qui reflète les lois et structures mêmes que toute pensée doit se reconnaître,  ne peuvent être élaborées que dans ce partage droit et transparent qu'est supposé être celui de l'école mathématique. Partage où chacun est l'égal de tout autre, chacun étant également en charge de la volonté de structures claires, de l'action symbolique publique contrôlable et des énoncés conformes à ce qui se montre ou se fait. Un tel partage qui a pu inspirer les concepteurs d'utopie rêvant d'une anarchie légale où la hiérarchie de droit disparaîtrait, n'est-il pas  le fait dont  l'idée splendide descend sur chaque classe où l'on enseigne les maths, appelée en quelque sorte par la ferveur des élèves et la passion des enseignants?

    Trop belle image sans doute mais qui exprime comment l'on peut se sentir comme enseignant des maths, au point de jonction entre l'émotion de l'inavouable et une  vision éthique autant que théorique..."