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Inclass@blεs Mathématiqu€s - Page 2

  • "Amour et Maths" livre d 'Edward Frenkel ( Flammarion 2015 )

    Le mathématicien russo-américain quinquagénaire Edward Frenkel, au parcours universitaire sinueux (Moscou, Harvard, Princeton, Berkeley, ...)
    nous décrit dans une fascinante autobiographie, sa passion des maths, son amour de la vie, sa haine de la discrimination raciale.
     Les sujets scientifiques traités sont variés : groupes de symétrie ; théorie de Galois ; la "pierre de Rosette" d'André Weil reliant théorie des nombres, géométrie des courbes sur les corps finis et surfaces de Riemann ; la conjecture de Shimura-Taniyama-Weil et son impact sur le grand 
    théorème de Fermat ; le programme de Langlands (PL) et son analogue géométrique, ses relations avec la théorie quantique des champs ; ...

    Pour le PL, Frenkel est éloquent:
     "Le PL est l'objet principal de ce livre. Par sa profonde structure conceptuelle, ses avancées révolutionnaires, ses conjectures séduisantes, ses théories pénétrantes et les différents domaines qu'il unit, il offre une vue panoramique sur les maths actuelles.
    Il illustre aussi parfaitement le lien indéfectible maths-physique et la richesse du dialogue entre ces 2 disciplines.
    Enfin, ce programme recèle les 4 qualités des théories mathématiques :universalité, objectivité, persistance, pertinence quant au monde physique."

    Et aussi:
    "Grâce au PL, nous observons des régularités similaires dans des champs différents.S'ils ont chacun des atours propres, ces phénomènes affichent des caractéristiques  communes  comme l'apparition du groupe dual de Langlands.Cette ubiquité indique l'existence d'une mystérieuse structure sous-jacente à toutes les maths, leur "code source" pour ainsi dire" (le "code cosmique" des frères Bogdanov ?)

     Langlands, un passionné d'une grande théorie unificatrice des maths comme Einstein le fut pour la physique !
    Alors faut-il s'étonner du fait  que Langlands occupe depuis longtemps le bureau qui fut celui du prestigieux physicien
    dans le fameux Fuld Hall de l'IAS de Princeton.Et qu'il vienne d'être couronné par le prestigieux prix Abel (1 million de dollars) 
    l'équivalent du prix Nobel autrefois attribué à Einstein !

    Frenkel narre aussi l'éblouissement de sa première découverte mathématique qui fit l'objet d'une publication 
    (groupes de tresses et nombres de Betti) :
    "Et soudain, comme par un coup de baguette magique, tout s'est éclairci.Le puzzle s'est assemblé, l'image finale s'est révélée à moi, aussi simple qu'élégante.Je n'oublierai jamais cet instant, un incroyable sentiment de plénitude, une large récompense de toutes mes nuits sans sommeil. Pour le première fois de ma vie, je connaissais quelque chose que personne d'autre au monde ne connaissait.
    J'avais du neuf à dire sur l' Univers !
    Qui a goûté ce plaisir cherchera toujours à y revenir. C'était une première fois, une expérience aussi émouvante qu'un premier baiser ... "

    Et l'amour dans tout ça ?
    Frenkel ose écrire:
    "Si quelqu'un parvenait à déterminer la Vérité Ultime et à l'exprimer par une formule mathématique,
    ce serait "la formule de l'amour" !
    Qu'on se le dise !
    Et encore:
    "Les maths sont la souce d'un savoir profond et éternel qui plonge au coeur de la matière et nous unit par-delà les continents, les cultures et les siècles.Je rêve que chacun de nous puisse contempler et apprécier la beauté magique et l'harmonie délicate de ces idées, de ces formules et de ces équations; et que cet émerveillement donne plus de sens à notre amour pour le monde et pour autrui"

    Frenkel s'est même lancé, lors de son séjour à Paris, dans la production d'un court métrage intitulé "Rites d'amour et de maths" accessible sur Internet; il y apparaît nu comme un ver, de face et de dos. Notre collègue Antoine Chambert (Université Paris-Diderot) précise, dans sa recension du livre de Frenkel parue dans le n° 155 de "La Gazette des mathématiciens" : cet aspect du personnage "beau gosse qui montre ses fesses" rebute plus d'un collègue ! Bah, soyons plus tolérants !

    Et rejoignons Frenkel dans son conseil aux jeunes:
    "Capitalisez au maximum sur le potentiel immense des maths ! "
    Joyeux printemps à tous !

    Kosmanek Edith-Edwige
    Universitaire retraitée
    http://kosmosya.xooit.fr/t224-Publications-scientifiques-d-Edith-KOSMANEK.htm

  • In Memoriam "Jean-Louis KOSZUL"

    Hommage posthume à mon directeur de thèse, le normalien bourbakiste  Jean-Louis KOSZUL

    Palais universitaire de Strasbourg (hérité des Allemands) fin  juin 1962
    Dans un long couloir majestueux, un prof de maths m'interroge sur un ton amical:
    "Mle KOSMANEK, pourquoi êtes-vous aussi timide ?" Je ne sais que répondre !
    Il poursuit, toujours gentiment:"Mais quel âge avez-vous ?"
    Là, je connais la réponse, je précise:"Vingt ans et demi"
    Sa réplique fuse: "Oh, mais vous êtes bien jeune !"
    Oui, je venais d'achever le cursus (ancien) de maths "Propé MGP + Licence + DEA"
    avec 4 mentions "Bien" et une "Très Bien", j'avais un peu d'avance.

    Alors, quand j'ai proposé ma candidature à une inscription en "Troisième cycle" de recherche, récemment créé,
    KOSZUL  alors directeur du Département de maths (ni UER ni UFR à l'époque) a accepté d'être mon directeur de thèse
    Le sujet proposé par  le bourbakiste KOSZUL, en topologie algébrique, ne m'emballait pas à vrai dire.
    Mais mon respect pour les enseignants m'interdisait toute contestation à l'époque.
    J'ai donc soutenu, le 2 juin 1964 ( jury KOSZUL  BERGER, CARTIER ) une thèse de 3* cycle intitulée :
    " Les bouts des espaces topologiques et des groupes discrets"
    Titre qui intrigua des collègues dont François PLUVINAGE qui railla:
    " C'est paillard ?" NON, c'est sérieux et instructif !

    Puis   KOSZUL se transféra à Grenoble pour se rapprocher de ses chères montagnes pour skieur;il me proposa de le suivre mais là, j'ai osé refuser.
    Je sentais bien qu'il me fallait changer de sujet, je me suis reconvertie aux maths-stats appliquées à l'économie
    et j'ai obtenu un poste à la Sorbonne où je suis restée titulaire durant une trentaine d'années.
    KOSZUL  a été nommé par la suite membre correspondant de l'Académie des Sciences, président de la Société Mathématique de France,  directeur de labo à Grenoble,.,...
    Sa création mathématique :  le "complexe de KOSZUL " a fait une belle carrière, il a eu d'autres thésards.
    Les formules qu'il a établies ont trouvé récemment des applications en "géométrie de l'information", en relation avec l'informatique.
    Plusieurs colloques ont été organisés à ce sujet, à l'Ecole des Mines notamment; il y a participé activement bien que nonagénaire.

    KOSZUL est décédé le 12 janvier 2018,à l'âge de 97 ans; la cérémonie funéraire a eu lieu le 17 janvier au Centre Oecuménique de Grenoble.
    Le dernier e-mail qu'il m'a envoyé date du 27 décembre 2017, il me parlait de sa santé rapidement déclinante et du désagrément subi par le transfert de son ménage dans une maison de retraite où, précisait-il, son acclimatation était difficile. On sentait la fin proche ...

    J'espère qu'en milieu céleste, il a été accueilli chaleureusement par son propre directeur de thèse Henri CARTAN et bien d'autres matheux célèbres qu'il avait fréquentés, à Princeton (IAS) à Bombay (invité au fameux TATA Institute) à Paris (ENS) à Strasbourg, Grenoble, ...

    Encore merci Mr KOSZUL, pour votre amabilité, votre tolérance, votre générosité !

    KOSMANEK Edith Edwige, universitaire retraitée

  • Infinie Philosofinie, Fibonacci, Santa Lucia de Galbani. Par Clément Bonpoil.

    Désolé pour le titre, on va pas en faire tout un fromage. Un des problèmes mathématiques non résolu du millénaire est de savoir s'il existe une infinité de nombres premiers dans la suite de Fibonacci.

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  • Prix Tangente des lycéens 2017 et 30 ans du magazine

    • Prix Tangente des Lycéens 2017

    Le vainqueur du Prix Tagente des lycéens 2017 est « L’homme qui valait des milliards » de François Darnaudet suivi de « La dynamique des fluides » de Mathieu Tazo  et de « Les maths au tribunal » de Leila Schneps et Coralie Colmez.

    Les choix des élèves se sont déroulés bien souvent dans d'excellentes, que ce soit autour d'une bonne table au lycée Jeanne D'arc de Pontivy ou en compagnie de Bertrand Hauchecorne, rédacteur en chef du Magazine Tangente, au lycéee Sainte-Croix Saint-Euverte.

    -> Sur le site des trophées Tangente

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    • 30ème anniversaire du Magazine Tangente

    Les 30 ans de Tangente se fêteront le dimanche 3 décembre prochain au musée des Arts et Métiers à Paris (entrée libre).

    -> Vers le programme de la journée

  • Yvonne CHOQUET-BRUHAT, une grande dame de la science

    La recension par notre collègue François SAUVAGEOT , dans le n° 153 de la Gazette (juillet 2017) , du beau livre de l'académicienne Yvonne CHOQUET-BRUHAT  intitulé "Une mathématicienne dans cet étrange univers" (Odile JACOB, 2016)  n'est pas tout à fait optimale. Le ton est trop persifleur, les erreurs factuelles sont nombreuses, attestées par Yvonne. Alors, lecture en diagonale ? Machisme ? De plus, l'éditorial de ce n° 153 recense tous les articles de la Gazette sauf celui qui concerne Yvonne de sorte que seuls des noms masculins apparaissent dans ce texte de l'éditeur Boris ADAMCZEWSKI! Machisme encore ?

    Puis-je proposer quelques compléments?
    D'abord rappelons qu'Yvonne, fille du célèbre physicien Georges BRUHAT mort en déportation, a été sévrienne cacique,  première à l'agrégation de mathématiques, première à trouver des solutions pour certaines équations d'EINSTEIN dans le cadre de sa thèse,   première femme française à être élue à l'Académie des sciences (1979), Bref, une pionnière tous azimuts !

    Signalons une lacune dans la recension de SAUVAGEOT; il importait de souligner ce fait essentiel, époustouflant : Yvonne a côtoyé de près ou travaillé directement avec les plus éminents scientifiques du XX* siécle,  à commencer par le célébrissime Albert EINSTEIN, lors du séjour de la sévrienne à l'IAS de  Princeton, dans les années 50. Mais aussi, par ordre alphabétique, avec CARTAN (père et fils), CARTIER, CHARPAK, CHOQUET Gustave (son mari), CURIEN, DAMOUR, DARMOIS, DELSARTE, DERUELLE, DIEUDONNE, DIRAC, GERMAIN, KOSZUL, LERAY, LICHNEROWICZ, LIONS, MONTEL, MORSE, NASH, NEUMANN (von), OLEINIK, OPPENHEIMER, PAULI, PENROSE, RHAM (de), SCHWARTZ, SERRE, THOM, TONNELAT, WEIL, WEYL, WITT(de), UZAN, ...
    Mais quelle  savante brochette, même non exhaustive !
    Le livre d'Yvonne comporte, pour chacune des personnes précitées, des anecdotes pétillantes ou des détails précis sur sa collaboration scientifique; le paragraphe concernant EINSTEIN est particulièrement attractif ! Un tel historique de la science vivante du XX* siècle est vraiment très éclairant, particulièrement bienvenu !

    Toutes ces rencontres d' Yvonne avec d'illustres cerveaux ont  généré  de juteux fruits : sa production scientifique  comporte environ 300 (!) articles, 7 livres, des cours ou conférences sur toute la Planète. La longue liste  de ses pérégrinations scientifiques mérite aussi d'être détaillée:
    - les hauts lieux de la science mondiale: Bures sur Yvette (IHES), Cargèse ( Ecole internationale de physique), Harvard (MIT), Les Houches (Ecole d'été de physique théorique), Oberwolfach (Institut de recherches mathématiques), Princeton (IAS), ...  
    - les colloques et congrès internationaux: Battelle Rencontres, colloques GRG de relativité, colloques de Royaumont, conférences Emmy Noether, congrès Marcel Grossmann, Texas Symposia, ...
    - les cours et conférences universitaires:en France à Marseille, Reims, Paris, ...; en Europe: Bruxelles, Bucarest, Cambridge, Coimbra, Hambourg, Messine, Moscou, Rome,Turin, Varsovie,...; en Amérique du Nord : Berkeley, Boulder, Ithaca (Cornell), New York, Princeton...; en Amérique du Sud : Caracas, Cordoba, Rio de Janeiro,....; en Afrique: Cap Town, Cotonou, Johannesbourg, Lomé, Yaoundé,...; en Asie : Kyoto, Pékin, Séoul, Shanghaï, ...; en Océanie : Auckland, Canberra, Christchurch . 
    Une mention spéciale pour les îles paradisiaques où Yvonne ne s'est pas contentée de faire du tourisme: Capri, Corse, Crète, Elbe, Lesbos, Samos, ... Oui, même dans ces jardins d'Eden, on fait de la Science ! En tous ces lieux plaisamment décrits par Yvonne, les exposés portaient en général sur la relativité ,la spécificité d'Yvonne,  mais aussi sur les distributions, la théorie du degré, les fibrés et les connexions,... 
    Mais quelle érudition!
    Ce livre d'Yvonne est une perle, le précédent "Introduction to relativity, black holes and cosmology" (Oxford, 2015) l'était tout autant.

    Bravo à cette glorieuse globe-trotteuse , sa longévité biologique (94 ans) et scientifique ! 
    Yvonne CHOQUET-BRUHAT est une grande dame de la Science, nous serions heureux de pouvoir fêter son centenaire, en 2023 !

    KOSMANEK Edith Edwige
    Universitaire retraitée
    Membre SMF