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poésie - Page 3

  • Maths et poésie : Vian et Desnos

    La catégorie " Maths et poésie" du blog " Je voudrais pas crever avant d'avoir..." où l'on retrouvera ce texte de Vian et ceux de Desnos: ICI

    Refrain 1

    Il y a des racines de tout' les formes
    Des pointues des rond' et des difformes
    Cell' de la guimauve est angélique
    Et la mandragore est diabolique
    Il y a un'Racin' qu'est un classique
    Mêm' s'il nous bassin' on n'y peut plus rien
    Mais la racine que j'adore
    Et qu'on extrait sans effort-eu
    La racin' carrée ma préfé-rée.

    Couplet

    Une racine qu'a un aspect louche
    C'est celle de l'arbre de couche
    Le drogué vend son âme
    Pour cell' de l'arbre à came
    Si la racine de manioc a
    De quoi fair' du tapioca
    Evitons tout'not'vie
    (de bouffer) Celle du pissenlit

    Refrain 2
    Il y a des racin' qui s'vend' en botte
    Le radis, l'navet ou la carotte
    Vous connaissez celle de la bruyère
    Dans laquell' on taille des pip' en terre
    Il y a la racin' de canne à pêche
    Cultivez-la donc, qu'est-c' qui vous en empêche?
    Mais la racine que j'adore
    Donnez m'en-z-encore, encore
    La racine carrée c'est ma préfé-rée.

    Boris Vian / Textes et chansons
  • Les contemplations - Victor Hugo

    Après l’abbé Tuet, je maudissais Bezout ;
    Car, outre les pensums où l’esprit se dissout,
    J’étais alors en proie à la mathématique.



    La suite sur le blog d'ABC Maths : ICI

  • Mathématiques et littérature

    Si vous voulez connaître la sextine et les permutations qui lui sont associées, comme l'inventa Arnault Daniel au 13ème siècle et peut être en réaliser une en suivant son modèle :

    Lo ferra voler qu 'el cor m'intra
    no 'm pot ges becs escoissendre ni ongla
    de lauzengier qui pert per mal dir s'arma ;
    e pus no l'aus batr'ab ram ni verja,
    sivals a frau, lai on non aurai oncle,
    jauzirai joi, en vergier o dins cambra.

    Quan mi sove de la cambra
    on a mon dan sai que nulhs om non intra
    — ans me son tug plus que fraire ni oncle —
    non ai membre no 'm fremisca, neis l'ongla,
    ainsi cum, fai l'enfas devant la verja :
    tal paor ai no 'l sia prop de l'arma.

    Del cor Li fos, non de l'arma,
    e cossentis m'a celât dins sa cambra,
    que plus mi nafra 'l cor que colp de verja
    qu 'ar lo sieus sers lai ont ilh es non intra :
    de lieis serai aisi cum carn e ongla
    k non crairai castic d'amie m d'oncle.

    Ane la seror de mon oncle
    non amei plus ni tan, per aquest 'arma,
    qu'aitan vezis cum es lo detz de l'ongla,
    s'a lieis plagues, volgr'esser de sa cambra :
    de me pot far l'arnors qu 'ins el cor m'intra
    miels a son vol c 'om fortz de frevol verja.

    Pus floric la seca verja
    ni de n'Adarn foron nebot e oncle
    tan fin'amors cum selha qu'el cor m'intra
    non cug fos une en cors no neis en arma :
    on qu 'eu estei, fors en plan o dins cambra,
    mos cors no 's part de lieis tan cum ten l'ongla.

    Aissi s'ernpren e s'enongla
    mos cors en lieis cum l'escors'en la verja,
    qu 'ilh m'es de joi tors e palais e cambra ;
    e non am tan paren, fraire ni oncle,
    qu 'en Paradis n'aura doble joi m'arma,
    si ja nulhs hom per ben amar lai intra.

    Arnaut tramet son chantar d'ongl'e
    d'oncle a Grant Desiei, qui de sa verj'a l'arma,
    son cledisat qu'après dins cambra intra.

    Mais peut-être préférez vous le carré Gréco-latin ou les pseudo-quenines.

    Si vous avez aussi quelque intérêt pour l'Oulipo et leurs membres célébres, mais que vous ne détestez pas les mathématiques....

    Rendez-vous
    ICI ( ou ICI ) pour la lecture de l'article (PDF): "Mathématiques et littérature" de Michèle Audin sous-titré à très juste titre et non sans humour " Un article avec des mathématiques et de la littérature".

     

  • Hypatie - 1847 - poème de Leconte de Lisle

    91f84a80ebedb1065b8d083ec6b4783d.jpgHypatie, mathématicienne grecque martyr,  est la première d’une lignée de héros qui paient de leur vie leur fidélité à une religion moribonde, dans les grands poèmes de Leconte de Lisle.


     

    Au déclin des grandeurs qui dominent la terre,
    quand les cultes divins, sous les siècles ployés,
    reprenant de l' oubli le sentier solitaire,
    regardent s' écrouler leurs autels foudroyés ;

    quand du chêne d' Hellas la feuille vagabonde
    des parvis désertés efface le chemin,
    et qu' au delà des mers où l' ombre épaisse abonde,
    vers un jeune soleil flotte l' esprit humain ;
    toujours des dieux vaincus embrassant la fortune,
    un grand coeur les défend du sort injurieux ;
    l' aube des jours nouveaux le blesse et l' importune :
    il suit à l' horizon l' astre de ses aïeux.
    Pour un destin meilleur qu' un autre siècle naisse
    et d' un monde épuisé s' éloigne sans remords ;
    fidèle au songe heureux où fleurit sa jeunesse,
    il entend tressaillir la poussière des morts.

    Les sages, les héros se lèvent pleins de vie !
    Les poëtes en choeur murmurent leurs beaux noms ;
    et l' Olympe idéal qu' un chant sacré convie,
    sur l' ivoire s' assied dans les blancs parthénons.
    ô vierge, qui d' un pan de ta robe pieuse
    couvris la tombe auguste où s' endormaient tes dieux :
    de leur culte éclipsé prêtresse harmonieuse,
    chaste et dernier rayon détaché de leurs cieux !
    Je t'aime et te salue, ô vierge magnanime !
    Quand l' orage ébranla le monde paternel.
    Tu suivis dans l'exil cet Oedipe sublime,
    et tu l'enveloppas d'un amour éternel.

    Debout, dans ta pâleur, sous les sacrés portiques
    que des peuples ingrats abandonnait l'essaim,
    Pythonisse enchaînée aux trépieds prophétiques,
    les immortels trahis palpitaient dans ton sein.
    Tu les voyais passer dans la nue enflammée !
    De science et d'amour ils t'abreuvaient encor ;
    et la terre écoutait, de ton rêve charmée,
    chanter l' abeille attique entre tes lèvres d' or.
    Comme un jeune lotos croissant sous l' oeil des sages,
    fleur de leur éloquence et de leur équité,
    tu faisais, sur la nuit moins sombre des vieux âges,
    resplendir ton génie à travers ta beauté !

    Le grave enseignement des vertus éternelles
    s'épanchait de ta lèvre au fond des cœurs charmés ;
    et les galiléens qui te rêvaient des ailes,
    oubliaient leur dieu mort pour tes dieux bien-aimés.
    Mais le siècle emportait ces âmes insoumises
    qu'un lien trop fragile enchaînait à tes pas ;
    et tu les voyais fuir vers les terres promises ;
    mais toi qui savais tout, tu ne les suivis pas !
    Que t'importait, ô vierge, un semblable délire ?
    Ne possédais-tu pas cet idéal cherché ?
    Va ! Dans ces cœurs troublés tes regards savaient lire,
    et les dieux bienveillants ne t'avaient rien caché.

    ô sage enfant, si pure entre tes sœurs mortelles !
    ô noble front, sans tache entre les fronts sacrés !
    Quelle âme avait chanté sur des lèvres plus belles,
    et brûlé plus limpide en des yeux inspirés ?
    Sans effleurer jamais ta robe immaculée,
    les souillures du siècle ont respecté tes mains :
    tu marchais, l' oeil tourné vers la vie étoilée,
    ignorante des maux et des crimes humains.
    L' homme en son cours fougueux t' a frappée et maudite,
    mais tu tombas plus grande ! Et maintenant, hélas !
    Le souffle de Platon et le corps d' Aphrodite
    sont partis à jamais pour les beaux cieux d' Hellas!

    Dors, ô blanche victime, en notre âme profonde,
    dans ton linceul de vierge et ceinte de lotos ;
    dors ! L' impure laideur est la reine du monde,
    et nous avons perdu le chemin de Paros.
    Les dieux sont en poussière et la terre est muette ;
    rien ne parlera plus dans ton ciel déserté.
    Dors ! Mais vivante en lui, chante au cœur du poète
    l' hymne mélodieux de la sainte beauté.
    Elle seule survit, immuable, éternelle.
    La mort peut disperser les univers tremblants,
    mais la beauté flamboie, et tout renaît en elle,
    et les mondes encor roulent sous ses pieds blancs.


    Pour des informations plus détaillées, c'est ICI

    A la recherche d'Hypatie ( Sainte-Catherine ? ) (PDF) ICI

  • Comment Tartaglia présenta sa solution historique ?

    Au XVIème siècle, en Italie, les mathématiciens s'affairaient à résoudre les équations du 3ème degré, saine occupation qui déchaina néanmoins les passions. Tartaglia et Cardan furent les plus célèbres acteurs d'une transmission de méthode de résolution bien difficile mais faite de façon poétique. C'est dans les vers suivants que les mathématiques firent un pas de géant :

    Quando che'l cubo con le cose appresso
    Se agguaglia a qualche numéro discrète :
    Trovati dui altri différent! in esso.
    Dapoi terrai, questo per consueto,
    Che'l loro produtto, sempre sia eguale
    Al terzo cubo délie cose netto ;
    El residuo poi suo générale,
    Delli lor lati cubi, ben sottratti
    Varrà la tua cosa principale.
    In el secondo, de cotesti atti ;
    Quando che'l cubo restasse lui solo,
    Tu osserverai quest' altri contratti,
    Del numer farai due, tal part'a volo,
    Che l'una, m l'altra, si produca schietto,
    El terzo cubo délie cose in stolo ;
    Délie quai poi, per commun precetto,
    Torrai h lati cubi, insieme gionti,
    Et cotai somma, sarà il tuo concetto ;
    El terzo, poi de questi nostri conti,
    Se solve col secondo, se ben guardi
    Che per natura son quasi congionti.
    Questi trovai, et non con passi tardi
    Nel mille cmquecent'e quattro e trenta ;
    Con fondamenti ben saldi e gaghardi
    Nella Città del mar intorno centa.

    Impressionnant n'est-ce pas ?

    Pour un début de traduction : ICI

    Et pour la fin du poème ça ressemble à :

    Je trouvai tout ceci, et sans m'attarder
    En l'an mil cinq cent trente-quatre;
    Sur des fondements solides et inébranlables
    Dans la Cité tout entière ceinte par la mer.

    Les mésaventures d'un mathématicien à la Renaissance rédigées de façon humoristique par Jean-Marc Dewasme ( PDF ) : ICI

    Littérature : Histoire des sciences en Italie depuis la renaissance des lettres jusqu'à la fin du XVIIème par Guillaume Libri : ICI