Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 3

  • Au pays de Lam -II-

    Las-bas chacun se connaissait sans s'être jamais rencontré. C'était comme cela. Les habitants de Lam lisaient dans les pensées des autres, la vie était simple mais pas toujours facile, quelque fois même assez rude mais cela ne durait guère. Il n'y avait pas de chef et le pays s'administrait sans difficulté particulière, avec du bon sens. Les gens étaient différents, avaient plus ou moins d'affinités. Ils se rassemblaient instantanément pour partager leurs différences. Le travail et les richesses se répartissaient globalement bien car chacun partageait la souffrance de l'autre et la comprenait.Le pensées négatives étaient lisbles. Elles s'éteignaient rapidement d'elles mêmes, plus par peur de la moquerie que par une morale rigide. Les gens n'enviaient pas les autres car la facilité de communication comblait souvent leurs souffrances et pour le reste, ils comprenaient et acceptaient le lot de malheurs imprévisibles. Cependant l'injustice la plus mal acceptée était celle de l'inégalité de la longueur de la vie et la maladie. lorsque les habitants de Lam commencèrent à organiser leur société : certains dont les talents de chercheurs ne faisaient pas de doute furent attachés à la recherche scientifique. Ils firent de rapides progrès. Les médecins et les chirurgiens étaient très appréciés. Lorsqu'ils se croisaient, les gens se demandaient s'ils étaient heureux et si l'organisation de la société leur convenait. Tous répondaient par l'affirmative car un grand bien en provenait. Des années passèrent et un jour un vieil ermite descendit de la colline, personne ne l'avait jamais interrogé. Dès son arrivée dans la ville, il exprima ce qu'il pensait et expliqua que selon lui, il y avait plus d'égalité à ce que la durée de vie de chacun soit fixée par le destin que par les médecins et que, de vouloir vivre le plus longtemps possible, naîtrait plus d'inégalité que d'égalité. Personne n'était d'accord avec lui. Chaque habitant de Lam ne comprenait pas pourquoi de plus de justice naîtrait plus d'injustice... Le sujet alimenta bientôt toutes les conversations, on ne parlait plus que de cela, jamais polémique n'avait été plus vive au pays de Lam. Il était de plus inacceptable qu'une action collective engagée au départ pour le bien de tous, puisse se poursuivre sans l'unanimité de la population. s'il y vait un doute sur l'opportunité de la recherche médicale, il faudrait la stopper tout de suite. Impossible répondait la majorité, ce ne sont pas les pensées farfelues de ce vieil illuminé qi vont modifier ce fabuleux projet d'accroissement de la vie. Las, le vieil ermite retourna méditer dans sa montagne, fatigué que la population n'entende rien à son point de vue. L'ambiance générale se dégrada car les gens ne parvenaient pas à résoudre les conflits: pourquoi poursuivre une action collective qui ne fait pas l'unanimité? Fallait-il tuer le vieil homme? Fallait-il continuer le projet sans le consentement du vieil homme ou bien le stopper alors qu'il convenait à la population entière sauf au vieil homme? L'idée du bien collectif l'emporta petit à petit, par facilité, par moindre résistance. Mais au fur et à mesure que le temps passait, les habitants constatèrent qu'ils se comprenaient de moins en moins, malgré leur proximité, ils communiquaient beaucoup moins bien qu'avant. Certains tentèrent mêm de cacher leurs pensées pour ne pas avoir à justifier leurs positions. Une poignée d'entre eux eut l'idée d'aller rechercher le vieil homme dans la montagne. Mais celui-ci resta introuvable, mort peut-être, parti, nul ne l'a jamais su... Ils revinrent bredouilles mais anoncèrent à leur arrivée qu'ils avaient réussi à convertir le vieil homme à l'opinion générale. La majorité fut rassurée mais les choses ne s'organisaient pas aussi bien qu'auparavant. Quelques jours après, las habitants de Lam ne lisaient plus dans les pensées des autres. Je m'en souviens comme si c'était hier, je ne sais pourquoi ni comment...

     

  • Adolescence - texte écrit à 15 ans

    Tous mes espoirs s'échappent
    Toutes mes idées s'enfuient
    Tout mon être s'annihile et mon inspiration s'évapore
    Cependant cette pluie glaciale me transperce
    La foudre pénètre mon crâne tel un glaive incandescent m'executerait
    La pâleur du jour m'assourdit
    La froideur des tons m'écrase
    Des cigarettes à demi fumées s'entassent toujours dans un cendrier déjà plein
    En levant la tête, je me heurte à l'atroce vision d'un mur déchiqueté par les assauts du temps
    Ma plume, si lourde, refuse d'écrire...
    Je suis seul, mais des ombres malsaines voilent mon esprit, le volent, le violent
    La hantise du néant s'installe
    Elle m'assassine mais je ne suis pas encore prêt à bien mourir
    Aujourd'hui les dieux sont contre moi
    Les souvenirs enterrés rejaillissent de l'oubli, tourbillonnent dans mon corps, ils m'envahissent et m'emprisonnent
    Une faible lueur apportée par un léger rayon de soleil s'est glissée par l'oeil de boeuf pour venir ensuite s'écraser sur le bureau déjà encombré
    Aujourd'hui n'est pas le bon jour mais demain sera peut-être pire
    Je me suis laissé emporter par le sommeil, quand j'ouvre les yeux, le soleil est déjà là, le ciel azur et je suis plus calme
    Je me lève pour attraper la bouteille de Whisky, cela ne remplit même pas un demi-verre
    Je fume ma première cigarette, ce sera la dernière, le paquet est vide
    La journée se présente bien
    Aujourd'hui, je sens cette force qui vient de l'intérieur, je sens cet élan que rien ne peut réfréner, ni la raison, ni la passion
    Je sens que de cette excitation va naître l'inconnu, l'inexploré. Je sens ces pulsions qui mettent mon cerveau en effervescence, mes sens en instance et mon corps en balance
    Je deviens prêt, je deviens vierge
    Je m'efface et tout s'efface, dedans, dehors, ici et ailleurs
    Je me libère, je peux penser
    Je viens d'accoucher tous ces haillons qui me gênaient, pas un seul n'est resté, le vise à pris sa place, ce vide originel, pur et imparfait. Le vide de la vie
    Aujourd'hui mon cordon ombilical vient de se rompre, je suis nu et libre, ma mère s'éloigne de mon enfant qui nait. Elle veut le prendre dans ses bras, il est encore trop tôt, je suis encore trop fragile
    Je lui donnerai un peu plus tard quand je serai prêt, ce jour viendra et je serai finalement heureux
    Aujourd'hui je vais vivre, simplement, tranquillement, sans penser à rien, libéré, frais et traversé par le doux voile du bonheur

  • Au pays de Lam -III-

    Au pays de Lam, les maîtres étaient vénérés. L'usage depuis la nuit des temps faisait que les maîtres de nombres étaient les plus haut placés, au dessus des maîtres des images et au dessus des maîtres des mots. Ainsi l'équilibre était établi car les premiers prenaient le temps de la reflexion, les seconds avaient l'imagination fertile et les troisièmes détenaient la légèreté de l'instant et la pesanteur des catégories. Mais un jour, nul ne su comment cela arriva, un maître des mots pris la parole et fut écouté comme un maître des nombres. Il dit " Et si l'on construisait des maisons !", alors un maître des images commença à les imaginer et le maître des nombres qui était là, eu à peine le temps de prendre la parole que le maître des mots lança " Allons au pays de Ter pour les construire, là-bas il y a de la place, ici ce n'est guère possible", et le maître des mots de faire des promesses de bonheur, celui des images y répondant par de grands gestes imageant le contours des palais, chateaux et maisons futurs. Le maître des nombres voulu intervenir, pour expliquer que l'ordre des choses n'était pas respecté, mais déjà, une foule importante était aglutinée autour des deux maîtres charismatiques pour partir au pays de Ter. C'est pourquoi, depuis ce jour, le pays de Lam est presque désert, le pays de Ter est surpeuplé et au pays de Ter, les maîtres des mots dominent les maîtres des images et les maîtres des nombres sont au service des deux autres.

     

     

  • Au pays de Lam -IV-

    Au pays de Lam, après le grand Exode, il ne restait plus grand monde. Quelques enfants, quelques vieillards, un ermite, une ou deux familles.
    Avant le grand Exode, dans la plaine, les enfants jouaient, riaient et se balançaient sur de grande balançoires qu'avaient conçus minutieusement les maîtres des nombres. Les portiques étaient immenses, installés dans toutes les directions. Les cables étaient juste un peu élastiques et les selles assez lourdes. Les enfants faisaient de beaux mouvements et quelque soit l'endroit d'où on les regardait, les enfants paraissaient aller l'un sur l'aute. Le spectacle était féérique. Si l'un d'eux sautait sur la selle, l'élastique se tendait mais la lourdeur de la selle et la tension del'élastique étaient adaptés à son poids. L'enfant décrivait de belles courbes arrondies autour de sa trajectoire de base. Dès que l'un des parents appelait leur bambin, il suffisait qu'il s'arrête de donner de l'énergie au système pour qu'il stoppe presque instantanément sa course. Les parents discutaient ensemble et les enfants s'amusaient gentiment.
    Au pays de Ter, la demande des enfants nouvellement installés ne se fit pas attendre. Il leur fallait des balançoires. Les maîtres des mots rappelèrents les consignes aux maîtres des images qui firent les plans. Les maîtres des nombres n'eurent pas voix au chapitre afin d'expliquer que l'arbre à caoutchouc de Ter procurerai un élastique trop souple et que l'arbre à bois donnerai un matériau trop léger. L'ensemble ne pourrait fonctionner correctement qu'en adaptant les plans aux matériaux de Ter. Rien n'y fit, les balançoires se construisirent bien alignées, les unes à coté des autres en un temps record. A la date anniversaire du grand Exode, les enfants privilégiés eurent la possibilité de se servir des balançoires. Au premier coup d'oeil, on s'aperçu vite que les trajectoires des enfants n'étaient pas aussi belles qu'au pays de Lam. Les parents eurent peur sue les enfants se cognent, ces derniers avaient d'ailleurs bien du mal à apprivoiser leur nouveau jeu. Un malheur arriva lorsque l'un des enfants sauta sur la selle. L'élastique trop souple lui impulsa un mouvement chaotique de très forte amplitude. L'enfant faisait d'immenses sauts sur la selle qu'il ne controlait plus. Il en heurta un autre qui s'accrocha à sa selle. L'enfant n'eut pas assez de force pour se retenir et tomba de l'engin d'une hauteur considérable. Depuis ce jour, les enfants privilégiés ne peuvent plus se servir des balançoires. Tous les autres enfants les utilise sans compter, parfois avec des accidents. Et toujours les parents crient car leurs enfants leur font peur, ils ne maîtrisent pas leurs jeux, ils crient aussi  aussi pour rappeler leurs enfants. Et toujours les enfants font peur à d'autres enfants car les balançoires peuvent se percuter. Les enfants rendent leurs parents malades de peur, ainsi en est-il du jeu des enfants sur Ter.