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Quelques mots sur le colloque "Maths à venir 2009"

J'ai pu me rendre au colloque qui a eu lieu dans les agréables salons de la maison de la Mutualité.

Je n'ai pas pris de photos, je me suis dit qu'il y en aurait bien assez. Guy en a dailleurs déjà trouvé... elles sont ICI.

Avant de n'asseoir, j'ai regagrdé attentivement les personnes qui discutaient  et déambulaient, me demandant si les matheux avaient des signes extérieurs visibles de reconnaissance. Force est de constater que si l'on n'écoute pas avec une oreille attentive les conversations... rien ne permet à priori de distinguer un matheux d'un non matheux. C'est important à souligner car ce n'est pas toujours l'idée qui est véhiculée dans le grand public!

J'ai assisté à deux conférences Mathématiques et neurosciences et Analyse, modèles et simulation ainsi qu'à deux tables rondes: Maths et science contemporaine et Maths une ressource stratégique pour l'avenir. Je n'ai par contre pas pris beaucoup de notes... Les vidéos seront certainement bientôt publiées sur le site du colloque.

Il est bien difficile de résumer ces quatre moments et d'ailleurs je ne m'y risquerai pas. Alors je plutôt tenter une esquisse globale de mon ressenti.

Commençons par les conférences.

Celle d'Olivier Faugeras sur les neurosciences était vraiment d'un haut niveau. Les mathématiques abordées étaient très techniques pour moi, mais j'ai cependant retenu une chose... Mon cerveau est cousin germain avec un octogone dessiné sur un disque de Poincaré! En fait la tentative de modélisation des zones activées lors de la reconnaissance des textures par le cerveau semble être associée à un espace hyperbolique pavé d'octogones. Je ne sais pas si je transcris bien, mais l'idée générale est là.

Une représentation de polygones dessinés dans cet espace est présente ICI. Un bel article "Une chambre hyperbolique" est consacré à cet univers étrange sur "Images des mathématiques".

On peut découvrir le pavage du disque de Poincaré ICI. Sélectionnez pour cela  8 pour les cotés du polygone  et Poincaré pour la représentation.


poincaré.jpg


Je me suis retrouvé beaucoup plus en terre connue avec la conférence de Pierre-Louis Lions concernant la modélisation et la simulation. En effet mon DEA de mécanique (on dirait aujourd'hui Master 2) m'avait déjà fait découvrir les paysages esquissés et les problématiques abordées. Je ne crois pas beaucoup me tromper en retranscrivant que modélisation et simulation sont de vraies maths et que l'écueuil principal à éviter est la non validation des résultats avec la réalité. J'ai redécouvert avec plaisir les bonnes vielles équations de visiblement plus Navier que Stokes. Il semblent qu'elles offrent toujours autant de résistance et que si la puissance de calcul numérique àaaugmenté depuis 20 ans ainsi que la qualité des algorithmes mais les modèles sous-jacents n'ont, quant à eux,  pas bougé d'un iota.

J'ai bien apprécié la table ronde Maths et science contemporaine avec des intervenants tous horizons. Entre les maths qui font tourner les modèles cosmologiques sur un PC, celles qui sont enfouies dans les modèles climatiques, les maths sur lesquelles s'appuie la législation de la concurrence, celles qui sont utiles depuis des millénaires à la correction des algorithmes, il y a l'embarras du choix. Alors le philosophe de se poser la question de l'influence de la science sur les maths et de conclure à la difficulté de séparer les objets abstraits et concrets. Puis vint le tour des maths elles-mêmes incarnées en la personne de Jean-Christophe Yoccoz qui dressa un inventaire des rapports des mathématiques avec les autres sciences.

La table ronde Maths une ressource stratégique pour l'avenir mélant deux mathématiciens et quatre directeurs de grandes d'entreprise à tenter de définir ce que chacune des deux parties attendait de l'autre et force est de constater que pour l'entreprise les maths si elles sont bien sûr nécessaires, elles sont aussi tellement enfouies dans les produits qu'elles en sont parfois lointaines. L'idée de création d'une société d'ingénniérie mathématique a été proposée et lors des questions c'est le financement de la recherche mathématique et la faiblesse des salaires des chercheurs qui a animé la table au travers de questions très directes provenant de l'assemblée.


Une conclusion personnelle.

Au travers de ce que j'ai entendu, il semble que la figure du mathématicien ne peut éviter de se rapprocher de la société dans laquelle et pour laquelle il agit. Il doit rendre des comptes et ne peut plus faire un travail isolé. Il est aussi souvent intégré à une équipe pluridisciplinaire. La modélisation et la simulation sont souvent au coeur de son travail quotidien. Il reste bien sûr encore de nombreuses terres mathématiques à découvrir, mais il semble qu'elles soient de plus en plus en relation avec la société physique et numérique.

Pour ma part, j'ai trouvé qu'il y avait un grand absent, mais sans doute est-ce ma déformation de blogueur: au moins un représentant du monde d'Internet, pour parler de l'énorme gestion des bases de données, des algorithmes d'optimisation, de recherche et des problèmes mathématiques associés, et peut-être même du web sémantique d'un point de vue mathématique.


Les conclusions du colloque:

1) Mieux faire connaître le rôle des mathématiques dans les sociétés modernes et leurs débouchés.

2) Renforcer l'attractivité de l'école mathématique française.

3) Développer des intéractions entre les entreprises et les mathématiciens.

4) Renforcer les intéractions entre les mathématiques et les autres sciences.

5) Approfondir la réflexion sur la responsabilité et  l'éthique des mathématiciens.

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  • Les vidéos du colloque : http://www.inclassablesmathematiques.fr/archive/2009/12/10/videos-du-colloque-maths-a-venir-2009.html

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