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31 janvier 2006

Prépa ENS

Je suis étudiante en classe préparatoire à l'ENS de cachan (économie et gestion), la particularité de cette prépa étant le fait que nous suivons aussi des cours à la fac'. Ainsi, par semaine, j'ai 3heures de maths à laprépa, 3h30 à la fac', et en ce moment nous avons un TD de stats d'une durée de 3h par semaine...ce qui nous fait si je compte bien 9h30 de maths. Je suis issue d'une terminale ES où je m'en sortais très bien en maths sans fournir d'effort particulier. A cette époque j'aimais bien les maths, c'était presque un jeu, tout était si logique...mais voila, les maths ne sont pas très à la mode parmi les élèves et je me sentais souvent obligée de dire que ce n'était pas ma matière préférée. A la prépa, je me suis mise à desaimer les maths, surtout en analyse, parce que j'avais des lacunes par rapport à mes collègues issus de terminale S, et notre professeur ne semblait pas tenir compte de cet handicap, et il y avait tellement de notions qui m'étaient inconnus et que je n'arrivais pas à rattraper que je sentais cela comme une injustice. Pourtant en fournissant des efforts, je me suis difficilement hissée vers le haut, je suis 8eme de ma classe en maths. A la fac, certes il ya avait des difficultés en analyse,mais on tenait à gommer un tant soit peu les inégalités entre ES et S. J'ai réappris à aimer les maths avec l'algèbre linéaire car tout était nouveau, on repartait sur des bases nouvelles, et je n'avais plus de handicaps par rapport aux autres. Les maths pouvaient redevenir une histoire de logique, et je ne me sentais pas amoindrie par rapport à mes collegues. En résumé, je me mets à détester les maths lorsque je me retrouve en situation d'échec et ce malgrè mes efforts. Parce qu'au fond tout le monde devrait pouvoir y arriver, je ne pense pas qu'il y ait quelquechose d'insurmontable à notre niveau, nous ne faisons pas de la recherche en maths, alors pourquoi parfois, même si on essaye, même si on essaye trés fort, on ne reussit pas?

blog : www.20six.fr/enrouteverstodai

21:15 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mathématiques, témoignage | | |  Imprimer |

Denis, juriste

J'ai toujours été animé d'un désir de comprendre. Encore aujourd'hui, j'aime comprendre. Malheureusement affligé de dyslexie et de dyscalculie, ma scolarité a été semi -aisée.
Les maths, j'ai été assez bon, mais je me plantais dans les opérations. J'adorais la géométrie. Puis, je me suis découragé. Cependant je peux comprendre encore des choses, lorsque ça se pose, mathématiques financières mmm... mathématique des partages. Je n'ai été rééduqué de ma dyslexie (et jamais de ma dyscalculie, mais ça va de pair, qu'à l'âge de dix-huit ans, trop tard pour les maths.)
Un peu trop d'anxiété, un manque de décontraction et voilà, je suis juriste. Il ne faut pas croire que le droit, c'est une science "molle" (selon moi il n'y a pas de science molle), non, c'est une science de logique, mais alors que les mathématiques sont de la pure logique sur des termes que l'on domine totalement, et donc la démonstration est certaine, le droit raisonne sur des situations dont la configurations est infinie. Il fait appel à l'imagination que l'on doit conjuguer avec la logique. Les solutions, dans les détails, ne sont jamais certaines et peuvent entraîner des discussions parfois sans fin où en définitive l'arbitraire ne sera pas absent.
Cependant le droit est nécessaire à la vie en société et il repose sur un principe d'égalité, un peu comme une équation.
Pour en revenir aux chères mathématiques, affectivement, je les vois comme une science claire, certaine, où l'esprit de l'homme se meut dans d'absolues certitudes et ça c'est très gratifiant. Il y manque la couleur, la qualité ("qualité"au sens philosophique et sans jugement de valeur, vous l'aurez compris) que le mathématicien retrouve dans la joie de comprendre, de dominer absolument son sujet, ce qu'aucune autre science ne peut donner. Il est aussi dans la situation de celui qui domine les autres par sa science à laquelle peu accèdent. Les autres dépendent totalement de lui sous ce rapport.
Bref, je regrette de ne pas être plus mathématicien, je suis trop vieux aujourd'hui pour le devenir. Je les jalouse donc de me dominer ainsi. :-)

21:15 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mathématiques | | |  Imprimer |

Isab'L

J'ai toujours été bonne en math. Bien plus qu'en français. Du moins du point de vue de mes moyennes générales. Je n'ai jamais su si j'aimais les maths ou pas. Je notais mes cours, m'en souvenais sans jamais vraiment les apprendre, répondais convenablement et avec rapidité lors des contrôles. Ma prof de collège était une vedette, mais vous la raconter demanderais au moins 100 lignes, alors une autre fois peut être! Je l'aimais beaucoup et j'étais sans doute la seule. Elle avait pris l'habitude de photocopier mes contrôles pour les distribuer en lieu et place de correction, sans avoir oublié au préalable, de grassement souligné "LA" rature qui me coûterait le 20/20. Logique! Sans écueil donc jusqu'au lycée. Je rêvais d'une section "C" (heu!!! Je crois que c'est "S" maintenant). Mon 18 de moyenne en math et le reste très honorable m'en ouvraient les portes. Mais c'était compter sans une situation familiale des plus complexes et une mère des plus "égoïstes" qui décréta que me supporter encore les deux années nécessaire à un CAP bureautique était l'ultime effort qu'elle pourrait faire. J'ai donc, avec l'appui de mes chers professeurs, farouchement négocié .... un BAC G2 en trois ans. Dès le premier trimestre de ma seconde, j'étais descendue sous la barre des dix de moyenne. En fin d'année, je flirte avec le 2. Dans un effort surhumain, j'ai décroché un 4.5 au BAC. Beaucoup on pensé que ma chute était due à ma mésentente avec la prof de math du lycée, Mais je sais moi, qu'elle n'y est pour rien ...

Blog d'Isab'L.: www.20six.fr/les_doux_leurres

21:10 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mathématiques, témoignage | | |  Imprimer |

Cécile

Le premier souvenir en tant qu'enfant c'est ma mère qui me dessinait des barrières ou des plantations d'arbres pour m'expliquer les intervalles .. moi j'imaginais les barières de jardin, des plantations de peupliers et je n'ecoutais pas vraiment l'explication ce qui fait que je ne sais toujours pas calculer les intervales .. Heureusement je ne suis pas horticultrice !!
Autre souvenir : ma fille en classe de .. le college ! ..
Elle avait de tres mauvaises notes car ne comprenait rien et j'etais incapable de l'aider. Son prof lui mettait de bonne note en probleme car vis a vis des matheux il avait enfin un devoir avec les bons ennoncés mais les calculs etaient faux, pas corrects, pas ceux la qu'il fallait faire ...
Son frère qui a eu le meme prof deux ans apres, à lui il enlevait des points parce que pas d'ennoncés et pourtant tous les resultats etaient justes... les bons calculs, toujours les plus efficaces... mais pas un mot.

Blog : http://cileclic.blogspirit.com/

21:05 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mathématiques, témoignage | | |  Imprimer |

Licence professionnelle audiovisuel

Bonjour Génial! Je vais vous raconter ma vie et mon rapport aux mathématiques. Depuis le temps que je m'interroge sur mon approche de cette matière, en parler va peut-être m'aider à tirer cela au clair. (J'ai 20 ans, je suis un garçon et j'étudie actuellement le cinéma et l'audiovisuel.) A l'école j'étais bon élève. Je remportais parfois un sac de bille lors des concours de calcul mental en cm1. Je résolvais les problèmes (Olivier se rend à la boulangerie avec 9fr en poche pour acheter deux pains au chocolat qui coûtent chacun 3frs50. Combien lui reste-il d'argent? Olivier a aussi envie des jolies sucettes qui brillent sur le comptoir. Elles coûtent 1frs chacune. Combien pourra-t-il en acheter avec la monnaie qui lui reste? (réponses: 7frs et 2 sucettes)) sans difficultés. Puis le temps du collège et des douleurs est arrivé. Géométrie et compagnie, tout est devenu plus difficile. J'ai assuré en sixième, j'ai reculé en 5ème, je me suis écrasé en 4ème et j'ai subsisté en 3ème. 20 au contrôle sur les fractions, mais 7 à celui qui portait sur le théorème de pythagore... Dur dur. Un coup pour l'estime de soi, pour celui qui avait l'habitude de réussir. Ma régression s'est parralèlement développée dans les autres matières scientifiques (SVT, physique). Le recul. Au lycée cela a encore empiré, je suis devenu nul et avec cela mon dégoût des maths s'est accentué. Quel enfer que d'aller en cours, de se retrouver au tableau, face à un prof dépressif qui vous engueule parceque vous ne savez plus poser une division... Fin d'année de première, le bac... J'ai eu 13 au bac de maths. C'est terriblement mauvais quand on relit les énoncés, c'était tellement facile... Trop facile pour que je prétendre atteindre le 18. M'enfin un 13 dépassait tous mes espoirs... Je détestait tant les maths. Le jour du bac j'ai pensé que c'était la dernière fois pour moi que je me confrontais à un problème de chiffres... J'étais heureux. Mais quel mal m'en a pris. L'année de terminale littéraire fut paradisiaque. Puis il a fallu choisir, s'orienter après le bac. J'ai choisi de faire un BTS audiovisuel où un retour en force des maths s'est opéré. J'ai bien failli renoncer au bout de deux semaines. Mais non, je me suis accroché et j'ai tout de même obtenu un 4 à l'examem. Je me suis juré que plus jamais, jamais, je ne retoucherai à ça. trop horrible, trop débectant. J'ai ensuite voulu faire une licence pro d'audiovisuel en écriture et réalisation (ce que je fais actuellement) et là alors c'est encore pire. Les journées de cours de physique, maths et chimie s'enchaînent frénétiquement. Pourquoi? Quel rapport avec l'écriture? Allez comprendre. J'ai encore manqué de tout laisser tombé mais je me suis une fois de plus accroché. Au final, j'ai obtenu 1,8 au partiel de physique ondulatoire dont chaque mot et chaque chiffre posé sur mes feuilles de cours peuvent être assimilés à des points d'interrogation. Malaise, malêtre, difficulté de vivre, de peur de ne pas être à la hauteur, menace de tout rater, angoisse, dépression. Les maths m'ont rendu malade cette année. Je n'ai pas compris pourquoi l'on m'imposait cela, pourquoi je me suis imposé à moi-même ce que je haïssais le plus. Et sutout je me suis demandé pour quelles raisons, à 20 ans, je devrais faire des choses qui ne m'intéressent pas. Qui me domine? Mes difficultés se sont avérées proportionnelles aux difficultés des exercices. Ma régression a été exponentielle, et pour le coup, inversment proportionnelle à la progression de la difficulté. J'ai certainement décroché à moment-donné, mais je ne sais ni quand, ni pourquoi, ni comment. Le fait est qu'avec ma déchéance est apparu mon rejet de la matière. C'est normal aprés tout. Je me dis parfos, finalement, que les maths ne m'aiment pas. Ils se sont joués de moi. Je n'ai pas su résister. Tragique hein? Merci, ça fait du bien d'en parler. Que cela vous soit bien utile... Au revoir.

21:05 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mathématiques, témoignage | | |  Imprimer |

Isabelle

Lors de ma scolarité, j'ai toujours été hermétique aux maths (et pas qu'aux maths d'ailleurs!), ma moyenne dans cette matière ne dépassais pas le 5 ou 6. 1980 fut la seconde année où je tentais le bac, j'étais en section littéraire, et grâce à un camarade de classe le déclic a eu lieu : 15 jours avant les examens, il me fit découvrir et aimer les maths : il m'y initia de façon très ludique, et dès lors que cela devint un jeu, j'y pris beaucoup de plaisir et obtins un 12!

21:00 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mathématiques, témoignage | | |  Imprimer |

28 janvier 2006

SDF

En marchant, je vois
L'église effrayante
Non ce n'est pas l'église
Mais bien ces gargouilles qui me regardent
Je baisse la tête au passage,
En signe de pénitence
Dieu est peut-être las aujourd'hui
Tinte la pièce, résonne
Personne, non vraiment personne
Les cloches sonnent
Leurs notes tonnent, étonnent,
Des tonnes de notes qui détonnent
Entonnent
Elles sonnent
Et ce pauvre hère qui tombe sur le parvis
Tinte la pièce, résonne,
Personne, non vraiment personne
Qui ne dise mot
Histoire sans parole
Mélodie sans histoire
D'un homme oublié par le passé
Je passe
Virtuel désir de rougir
Tinte la pièce, résonne
Personne, non vraiment personne
Je lève la tête pour contempler l'oeuvre des hommes
Cette flèche qui s'élève et transperce
Signe du temps, sens des maux
Symbole des temps, essence des mots
Vive comme l'air, la mélodie le gerce
Seul, seule ensemble battent le tempo
Et j'imagine les bâtisseurs par les vents étourdis
et
par la corde abasourdis
Sur le parvis vient s'offrir de nouveau
comme engourdie,
La ritournelle du condamné
Tinte la pièce, résonne
Personne, non vraiment personne
Je me retourne
Non
Personne
Il n'y a plus personne...


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18 janvier 2006

Puligny Montrachet

Nous vivrions dans une société liquide disent les plus grands spécialistes, je suis tout à fait d'accord mais je voudrais que le liquide soit du Puligny-Montrachet, c'est possible, vous croyez ?

11:40 Publié dans Pensées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Mes pensées du jour | | |  Imprimer |

10 janvier 2006

Gallica

La bibliothèque numérique de la BNF : ICI

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02 janvier 2006

Au pays de Lam -I-

Toujours en marchant
Je m'arrète au pays de Lam
Le portier m'interpelle
Eh, l'ami es tu un habitué ?
Non lui répondis-je
Alors tu souffriras me répondit-il en riant
Bonne route quand même
Au pays de Lam, il faisait juste assez chaud pour être bien
L'air y était vif
Pourquoi le portier m'as t-il dit que je souffrirai ?
Après quelques heures de marche, la fatigue commença à me prendre dans les pieds et les jambes. Je décidais de m'arréter lorsque je vis le portier
Et l'ami, on tourne en rond , s'exclama-t-il en riant encore
Non lui répondis-je, j'ai pris la route, elle était droite j'en suis certain
Ah l'ami, au pays de Lam, saches que les droites sont des cercles et les cercles sont des droites, c'est la règle, il faut t'y plier, comme tout le monde
Dis moi, portier, je suis exténué, j'aimerai aller à l'auberge la plus proche, comment puis-je m'y rendre ?
Facile, facile, vas tout droit et tu la trouveras sur ton chemin
Mais comment faire puisqu'ici, aller tout droit signifie tourner, si je reprends la route, je vais tourner en rond une nouvelle fois
Mais l'ami , ici les routes sont interdites, c'est le seul endroit où il ne faut pas aller. Eloigne toi de la route et tu trouveras l'auberge
Dois je aller à gauche ou à droite?
Peu importe ici il n'y a ni gauche ni droite, ou plutôt c'est la même chose
Des champs s'ouvraient à perte de vue, les yeux me piquaient un peu et la chaleur me semblait soudain plus lourde
je marchais, marchais et l'auberge n'apparaissait toujours pas. Le portier aurait-il menti ?
Soudain, une silhouette se dessinait à l'horizon
Pourvu qu'il ne parte pas, j'accélérai les pas et je vis le portier cueillir tranquilement des cerises
Agacé, je demande au portier si l'auberge est encore loin
Ah l'ami, tu ne sais sans doute pas, au pays de Lam, les aubergent passent mais ne restent pas, il est souvent difficile de les rencontrer, cela demande une certain habitude et la première fois personne n'y arrive
Alors comment faire pour me reposer ?
Et bien tu le fais mais pas à l'auberge
Chez quelqu'un alors ?
Si tu veux, tu peux essayer
Je continue mon chemin, qui n'en est pas un d'ailleurs, afin de trouver une habitation, mais des champs, rien que des champs
Soudain, une maison se dessina à l'horizon
Pourvu que le propriétaire soit accueillant, j'accelerais le pas et je vis le portier à la grille
Fourbu,je en pose même pas la question de savoir pourquoi je rencontrai toujours le même homme
Et je lui demandais s'il pouvais m'héberger pour la nuit
Eh l'ami me rétorqua-t-il, tu ne sais sans doute pas, mais je ne suis pas le propriétaire et c'est justement lui qui m'emploie pour garder la demeure afin de s'assurer que personne n'y entre
Peux-tu m'indiquer la prochaine maison alors ?
Je n'en connais pas d'autre près d'ici
Mais alors comment me reposer?
Attends l'auberge, elle va sans doute bientôt passer c'est son heure. Vas au bout du chemin et assieds-toi
, lorsque l'aubergiste te verra, il s'arrêtera
D'accord
En effet, l'aubergiste arriva, c'était en fait une grande roulotte. Ella s'avança jusqu'a moi et l'aubergiste, un maigre bonhome tout rabougri, marmonna une phrase inaudible
Aubergiste, lui dis-je, est-il possible de dormir une nuit ?
Oui c'est possible mais il faudrait que tu sois avec le portier, car ici c'est le portier qui ouvre les portes et moi je suis un simple aubergiste
Tout ceci ressemblait à une farce de mauvais goût
Mais comment aller chercher le portier sans que tu partes?
Ne t'inquiète pas, si tu trouves le portier, je repasserai vite
Je retournais donc sur mes pas, vers la belle demeure afin d'y rencontrer le portier. Il était toujours à la grille
Portier, lui dis-je, je dois attendre avec toi l'auberge afin que tu m'ouvres la porte, c'est l'aubergiste qui m'a envoyé à ta rencontre
D'accord mais je te préviens, il est rare que les auberges passent près des maisons. Elles ne s'aiment pas beaucoup.
Es tu en train de me dire que si j'attends ici l'auberge avec toi, jamais elle ne passera
Je ne suis pas aussi catégorique, mais il est vrai que de mon vivant, je n'ai jamais vu une auberge s'approcher d'une maison
Viens donc avec moi un peu plus loin
Impossible, je garde la porte de la maison
Et quand cesseras-tu ce travail ?
Lorsque le propriétaire reviendra
Quand reviendra t-il ?
Je ne sais pas
Je dois donc attendre un temps indéterminé avant de me reposer !
Oui
Et toi tu ne te reposes pas ?
C'est déjà fait
Et les autres jours , à quelle heure le propriétaire est-il revenu ?
Je ne sais pas, c'est la première fois que je garde sa maison
Et qui est le propriétaire ?
C'est l'aubergiste
Mais alors, il va venir ici
Oui, mais sans son auberge, seulement pour se reposer
Et penses-tu qu'il m'accordera le gîte ?
je ne pense pas, c'est déjà son travail, c'est beaucoup lui demander
C'est inextricable !
Pour toi oui
Pourquoi pour moi ?
Parce que tu as envie de te reposer et visiblement, c'est impossible
As-tu une solution ?
Non, c'est à toi de la trouver, moi je peux seulement te renseigner et t'aider dans la limite de mes possibilités
Que ferais-tu à ma place ?
Je n'y suis pas
Mais si tu y étais ?
La même chose que toi
C'est à dire?
Ce que tu fais
Mais je n'y arrive pas
Alors, moi non plus je n'y arriverai pas
On tourne en rond
C'est comme cela que l'on avance au pays de Lam
C'est fatigant
Oui, je t'avais prévenu, d'ailleurs tu ferais mieux de poursuivre ton chemin car ici il n'y a pas de solution à ton problème
Pour aller où ?
Où tu veux !
Je veux me reposer
Mais ce n'est pas un lieu et au pays de Lam, il n'y a que des lieux, le reste est incertain
Certes mais je vois bien que l'on ne peut ni rentrer dans une maison, ni rentrer dans une auberge, ni prendre une route
Tu as sans doute raison, le pays de Lam est peut-être le lieu de l'idée des lieus, le reste n'est que pure imagination
Mais comment faites-vous pour y vivre ?
On s'habitue, ce n'est pas pire que d'autres rèbgles, c'est différent c'est tout
Ici, vous vivez avec l'idée des choses et non les choses?
Oui et c'est plus reposant ainsi
Je n'ai donc pas d'auter choix que de remplacer l'auberge par l'idée de l'auberge ?
C'est ça, tu peux même mieux faire, en n'ayant pas d'idée du tout
Mais dans ce cas c'est impossible d'avancer
N'oublie pas qu'au pays de Lamn tu avances en tournant en rond
Que veux tu me dire ?
Rien, que les choses ne sont pas forcément comme tu les penses
Je m'y perds
Et pourtant, tu viens d'avancer sans bouger, alors que tu croyais qu'il fallait bouger pour avancer !
Quel étrange pays que ton pays de Lam !
C'est aussi le tien
Comment ça ?
C'est le tien puisque tu y es
Je n'y suis que de passage
Comment peux tu en être si sûr ?
Car je vais retourner dans le mien
Oui mais on ne sort jamais vraiment du pays de Lam. Plus tu le fuieras, plus il se rapprocheras. Plus tu chasses une idée, plus elle s'accroche à toi, ne l'as tu jamais remarqué? Et le pays de Lam, c'est justement le pays des idées
Adieu portier, peux tu m'indiquer comment rentrer chez moi ?
Rien de plus simple
Le portier ouvrit la grille, puis la porte de la maison de l'aubergiste et je vis à ce moment le trottoir sur lequel je marchais

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