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Poésies - Page 8

  • Le temps

    Le temps n'a plus de place, il est temps de lui laisser place
    De comprendre que rien n'est fixe, seule l'idée que l'on se fait
    Si les morts l'alimentaient, et si la vie le contemplait
    J'aimerais écrire l'histoire du temps, une histoire de mon temps, histoire de passer le temps,
    de me passer du temps
    Témoin des mots qui pensent, le temps s'arrête
    Mais aujourd'hui je refuse qu'il efface mes pensées insensées
    Et par force de volonté, je le ferai se retourner, en face me regarder
    Ni passé, ni futur
    L'idée de l'instant me parait sûre
    Souffle de vie, même si c'est le dernier
    C'est à toi de jouer et le regarder s'arrêter
    Tout est à sa portée, rien à inventer, témoin de l'absurdité, il peut céder à la facilité
    Passé, présent, avenir
    Trilogie du désir, le temps est imparfait à qui il ne plait
    Euphorie passagère d'un instant volé aux ombres du passé
    En une pulsion, en un instant, l'homme naît et pleure, tue et meure
    Instant de vie, instant de magie, que l'on quête à force d'envie
    Abîme infime entre erreur et horreur
    Plaie insidieuse qui jamais ne se referme
    L'écho du temps broit ce qu'il voit
    Emporte au cachot l'ivresse du buveur
    Et détermine avec facilité le commun destin des roses
    Aube indolore d'un destin incolore
    Comment se passer de penser, de panser le passé ?

  • Jugement

    Au banc, l'accusé se lève
    Une voie intégrale s'élève
    Vous êtes coupable, coupable, d'avoir été innocent à ce point
    L'avocat exulte, le procureur s'exalte, le juge sermonne
    Religion moderne, ordre des valeurs rendu dans le temple
    Des hommes qui disent non en leur nom
    Au nom du non, donnez les noms,
    Les noms de ceux qui veulent dire non à ceux qui disent non
    Et si l'on disait oui
    Non bien sûr, c'était si simple
    Apprendre à dire non,
    Et qu'arrêtent de pleuvoir les noms de ceux qui sont justes coupables d'être innocents.

  • Diapason de l'amour

    Cantique d'une nuit, berceuse d'une mère
    Douce ballade, mélodie sentimentale
    Sourires et larmes rougissent tes fers
    Sauvage sirène, tu parais si pâle
    Diapason de l'amour qui vibre à l'unisson
    Ton chant s'est éteint et la musique revient


    Sublime opéra, hymne immature
    Burlesque cacophonie, grotesque tablature
    Plaisirs et sens embaument ta peau
    Douce Aphrodite, tu joues si faux
    Diapason de l'amour qui vibre à l'unisson
    Ta musique s'est éteinte et ton chant revient

     

  • Dieu et le soleil

    Je rassemble sur une vitrine légèrement en contrebas, les reflets cassés,
    D'un badaud qui s'agite, va trop vite comme s'il était pressé.
    Il s'excite, palpite et se précipite, ce pitre inconscient de son extravagance,
    Il avance, en avance, en cadence, et ses bras ballottent au rythme de la danse.

    Astre divin, illusion géométrique, tu éblouis la terrestre ignorance
    D'un écrin de lumière, fier solitaire, assenant ton égoïste arrogance,
    Toi aussi tu es éphémère à la dimension de l'univers,
    Et ton ironie perd  son éclat lorsque tu te frottes aux éclairs.

    Entremélés, entrechoqués, entr'aperçus parfois superposés et même ébréchés,
    Qu'il est difficile de regrouper tous ensemble, ces morceaux par le soleil écorchés,
    Sur le miroir éclairé, tout glisse et rien ne colle, tout s'envole,
    Je suis ébloui et les fragments en toute liberté me narguent et convolent.

    Compagnon de galère, frère d'infortune qui sans cesse m'importune,
    Un jour viendra, ce sera la nuit où j'aurai pour seule amie la lune,
    Et lorsque tu t'éteindras, je serai là, assis près de toi et regarderai ton linceul,
    Pour la première fois je te fixerai, versant une larme pour arroser ton glaïeul.

    Alors le soir, sur mon bureau d'ébène, je jouerai à recoller les morceaux
    Qui deux par deux, par le froid s'accoleront et tu ne me prendras plus pour un sot.
    Seul au fond de la pièce, à la lumière d'une lampe de chevet bringuebalante,
    Je recomposerai pas à pas, pièce après pièce, une humanité resplendissante.

    Mais maintenant sur terre, plus rien ne brille, les reflets sont pathétiques,
    Prisonniers du gel glacial suçant l'essence de toute douceur organique.
    Fini de s'amuser, le souffle plutonien fige l'un après l'autre tous mes pions,
    Puis la glace s'est engagée, prenant en passant mon attachante civilisation.

    Pardonne moi mon ami de t'avoir un peu bousculé, je suis sans doute maladroit,
    Mais quelque fois ça fait du bien de se défouler et même si tout ne vas pas à l'endroit,
    Reste avec moi, car bien que tu m'éclaires trop, ce n'est quand même pas l'enfer
    De supporter ton sale caractère, comme tous les jours je dois le faire...

  • Révélations profondes

    Comment le dire ?
    Il faut trouver feuille de papier
    L'énergie pour te conter
    La vie, le prix, souvent le cri de son destin
    Et pour comprendre, il faut attendre, encore attendre,
    Pour s'attendre
    Peut être
    Un jour
    A se comprendre
    Le papier noircit le temps
    Une fois terminé, l'ouvrage est à retravailler
    Il ne faut jamais abandonner
    Essayer de se retrouver
    Petite plume qui fait des taches
    L'oracle parlera et l'avenir s'ouvrira sur un je ne sais quoi, qui j'espère me comprendra.