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Faut-il connaître les mathématiques pour se dire cultivé ?

379d1c29d86093b54fd9532e3179dcfe.jpgLa question mérite d'être posée et c'est Didier Nordon qui y répond. Vous pouvez assister à la conférence filmée ( Quicktime) en cliquant ICI

Excellent!

Par contre, utilisez l'équaliseur de votre ordinateur pour rendre le son plus agréable.

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20 novembre 2007 | Lien permanent | Commentaires (1)

Epidémies philosophiques

h1n1.jpgLes épidémies n'épargnent personne, pas les politiques et encore moins les philosophes, une population qui semble particulièrement exposée.

Après la gödelite (utilisation des conclusions
des théorèmes de Gödel hors champ des mathématiques), la chaotite (utilisation de la théorie du chaos hors champ des mathématiques) , la catastrophite (utilisation de la théorie des catastrophes hors champ des mathématiques) voilà arrivé le temps de la botulite (utilisation de sources non vérifiées dans le champ de la discipline)...

Quelle est la plus grave de ces épidémies?

Quoiqu'étant un peu moins sévère que Didier Nordon, dans un article de Janvier 1998 dans "Pour la Science" au sujet du livre de Sokal et Bricmont, "Les impostures intellectuelles", je me rangerai à son avis, pour atténuer les maux des trois premières épidémies, celles d'utiliser des notions mathématiques hors champ. Les mathématiques puisent bien dans le vocabulaire courant des mots pour étiqueter des concepts de leur discipline, pourquoi la réciproque ne serait-elle pas possible? Ces captures, permettent en effet de mettre au grand jour des théories mathématiques complexes, même si on aurait préféré qu'elles apparaissent à chacun de la façon la plus fidèle à la réalité disciplinaire et sans lui faire extrapoler et inférer des conclusions qui ne relèvent pas de son cadre restreint d'usage (celui des mathématiques). Pourquoi les philosophes n'auraient-il pas le droit d'user (et d'abuser?) de la métaphore scientifique et tout particulièrement mathématique (quoique la relativité soit aussi un bon candidat... mais il y a quand même pas mal de maths ici aussi!)? Les mathématiques et d'une façon plus générale les sciences dures (mathématisées?) sont-elles les seules à pouvoir disposer des objets qu'elles font apparaître? Didier Nordon, en tant que mathématicien, prend en fait le parti d'en rire . Rire des autres mais aussi de sa propre discipline lorsqu'il s'interroge: "Reprocher aux philosophes postmodernes de ne pas comprendre ce qu'écrivent leurs collègues? A la bonne heure mais dites-moi: les mathématiciens se comprennent-ils les uns les autres?" et de s'interroger sur le choix pertinent du mot "Chaos", terme éponyme de la théorie.

Je dirai cependant que Sokal et Bricmont, ont mis le doigt là où il fallait. S'il n'y a pas d'interdiction, il y a cependant des règles d'usage à établir clairement lorsque l'on transpose les vocabulaires et les concepts. Car si dans un sens le choix d'un mot n'influe pas sur le contenu qui reste cohérent quelque soit celui qui est utilisé comme l'a présenté avec humour, David Hilbert pour montrer que la représentation n'avait pas sa place dans les mathématiques axiomatisées, en disant: "On devrait pouvoir parler en géométrie de tables, de chaises, et de chopes de bière au lieu de parler de points, droites et triangles.", il n'en est pas de même pour la réciproque. Utiliser un concept scientifique précis comme image sans en limiter la portée c'est aussi abuser l'auditoire lui faisant croire à la dimension rigoureuse du discours, à la réussite de sa mathématisation et à la capacité de quelques mots à résumer un concept scientifique complexe. Il y a donc arnaque sur l'emballage, s'il n'est pas tout suite dit que l'utilisation du concept est métaphorique et en ce sens il n'a pas de valeur de preuve ni de validation du discours. C'est simplement un outil d'imagerie comme l'a été la parabole dans un autre domaine. La confusion risque de s'opérer chez le lecteur qui ne parvient pas à séparer distinctement les champs de la science et de l'image. Il est donc nécessaire au philosophe qui sort de son champ pur et qui utilise des images extérieures, de ne pas oublier qu'il est sous licence Creative Commons. Certes il peut diffuser et utiliser mais en revanche, il a interdiction de transformer l'image initiale, ou s'il le fait, il doit clairement l'expliquer et citer la source originale avec une réserve du type "Je sais que le théorème de Gödel dont je vais utiliser les conclusions, n'a de validité que  dans le domaine des mathématiques, mais je vais les utiliser en dehors de ce champ comme image pour mieux vous faire comprendre ce que j'ai à vous dire car il me semble adapté à la situation que je décris." Si ce n'est pas le cas, il y a péché par "omission".

Je dirai que cette erreur est un peu du même type que celle que font les élèves lorsqu'ils ne précisent pas les conditions dans lesquelles ils travaillent, c'est par exemple le cas lorsqu'ils disent "cette équation n'admet pas de solution" sans rajouter "dans IR" alors qu'ils connaissent l'existence des nombres complexes. D'oubli à omission volontaire, la frontière est floue et tout travail rigoureux demande à ce qu'elle soit bien établie, même si le propos est relatif!

Je ne m'attarderai pas sur le cas où le philosophe n'a pas compris le sens de l'image utilisée car j'ai bien du mal à comprendre comment on peut utiliser quelque chose qu'on ne maîtrise pas pour éclaircir un propos! J'ai lu pour ma part quelques perles sur la notion de convergence des séries... Comment qualifier cette attitude? Charabia?

La dernière épidémie est celle de la botulite, elle se déclenche lorsque l'on utilise des sources non vérifiées. Elle est bien connue car elle a déjà  fait de nombreuses victimes (les journalistes ont été pas mal touchés). Dans ce cas je dirai que le mal est plus profond car la philosophie définit elle-même pour sa méthode : "Enfin, la philosophie est une discipline déductive et rationnelle [...] Ce souci de démontrer et de livrer une argumentation se retrouve au cours de toute l'histoire de la philosophie. " (Wikipédia: caractéristiques de la méthode philosophique).

Déjà que la philosophie est bien difficile à comprendre pour qui lui est extérieur, espérons qu'elle veille de façon interne au respect de la méthode... à chacun son Descartes! Je dirai donc que cette épidémie de botulite me semble plus grave  que les précédentes car elle s'attaque à la méthode de constitution interne, en deux points très différents: d'une part en ne prenant pas toutes les précautions nécessaires à l'établissement d'un protocole démonstratif rigoureux et d'autre part en ne confrontant pas ses dires à la réalité. La méthode rigoureuse et exigeante de constitution du savoir est donc mise de coté.

Il s'agit d'une erreur protocolaire.

Mais que va dire le Président ??? Il doit bien rester quelques vaccins en stock pour la soigner.. Mais au fait il sont passé où les vaccins contre la...? Rappelez-moi son nom au fait.


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09 février 2010 | Lien permanent | Commentaires (3)

Quelques textes sur la vulgarisation des mathématiques

Il n'est pas de voie royale... ( PDF ) de Didier Nordon : ICI

Les objets mathématiques ont le même genre d'existence qu'un personnage de roman. Ce sont des mots, qui induisent des représentations, des affects, des questions, des exigences, etc.

Curieusement, le discours mathématique présente une étape où il doit se taire.

Si la vulgarisation omet de parler du plaisir du chercheur, elle risque de figer ses résultats dans une immobilité et un sérieux définitifs, qu'ils n'ont pas forcément pour lui.

Il y a quelque chose de biaisé à ne vulgariser que les succès.


Vulgarisation et rigueur ( PDF ) par Jean Lefort ( date ? ) : ICI

Ainsi l'exigence de rigueur mathématique qui vaut à l'école mathématique française d'être l'une des meilleures du monde ( aux côtés des USA et de l'URSS ) secrète en même temps des mathématicens de renommée mondiale, et des adultes rebelles à toute évocation de la science et des mathématiques en particulier.

Heureusement qu'on apprend le théorème de Thalès à l'école sinon où l'apprendrait-on puisqu'on ne s'en sert jamais dans la vie - Graffiti anonyme.

La vulgarisation des mathématiques chez les populations culturellement aliénées, l'exemple des Maoris en Nouvelle-Zélande, ( PDF ) par Gordon Knight : ICI

Au lieu de commencer par les mathématiques et d'introduire une dimension maorie, on doit commencer par la culture maorie puis introduire une dimension mathématique

Henri Poincaré et la vulgarisation des sciences ( PDF ) 181 pages - mémoire de DEA - Laurent Rollet: ICI

( je ne l'ai pas encore lu )

 

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23 septembre 2007 | Lien permanent

Le mensuel de l'Université

Premier média interuniversitaire pluridisciplinaire : la page d'accueil : ICI

Le Mensuel de l’Université est une publication interuniversitaire pluridisciplinaire et généraliste animée par des universitaires bénévoles issus de disciplines et d’universités multiples.

Le magazine est constitué en association de presse (loi 1901). Média participatif et indépendant, Le Mensuel de l’Université propose, chaque mois, des analyses et commentaires d’universitaires (docteurs, maîtres de conférence, professeurs, etc.) sur les grands enjeux du monde contemporain.

La publication favorise ainsi la circulation et le dialogue des savoirs en instaurant un débat pluridisciplinaire permanent au cœur de l’Université, au-delà de la diversité des sites et des disciplines, à destination de la société civile.

Sans dépendre d’aucune université en particulier, Le Mensuel de l’Université affirme ainsi son attachement à une Université ouverte, exigeante, consciente des richesses qu’elle recèle et participant au débat public.

Les archives répondant au mot clé  "mathématiques". J'aime particulièrement le texte de Didier Nordon : Méfions-nous du savoir !

Un nouveau casse-tête mathématique : le jeu du Solitaire Clobber

Eric Duchêne, Docteur en mathématiques et informatique, université Joseph Fourier, Grenoble et membre de l’ERTé « Maths à modeler »
résumé

Le jeu peut permettre de faire (re)découvrir aux plus récalcitrants les mathématiques sous un autre angle. C’est le credo de l’équipe « Maths à modeler » qui, sur une variante du Solitaire, propose un nouveau jeu pour accrocher les foules...

Au coeur des probabilités : les marches aléatoires

Clément Rau, Docteur en mathématiques de l’Université de Provence, Aix-Marseille 1
résumé

Quel est le rapport entre le déplacement d’une particule dans un fluide, le comportement d’une molécule polymère ou les fluctuations de cours de valeurs boursières ? Réponse : Les principales propriétés de ces phénomènes peuvent être déduites en appliquant la théorie des marches aléatoires.

"Sauvons la recherche !"

Bertrand Monthubert, Maître de conférences en mathématiques, université de Toulouse III, membre du collectif « Sauvons la recherche »
résumé

Le pacte pour la recherche est-il satisfaisant ? Non, répond Bertrand Monthubert. Analyse.

Les étudiants désertent les filières scientifiques

Sandie Carayon, ATER à l’université d’Aix-Marseille I, membre du Centre de Recherche PsyCLE (Psychologie de la Connaissance, du Langage et des Emotions).
résumé

Les chiffres sont éloquents : les étudiants désertent massivement les premiers cycles scientifiques. Etat des lieux nuancé d’un désamour.

Méfions-nous du savoir !

Didier Nordon

Quel avenir pour le logiciel libre ?

François Letellier, Directeur de projet à l’INRIA, Directeur Exécutif du consortium ObjectWeb
résumé

Longtemps associé au travail d’un hacker dans son garage, le logiciel libre est aujourd’hui en train de révolutionner l’industrie informatique grâce à un modèle de développement collaboratif extrêmement convaincant du point de vue économique. A l’heure où les monopoles qu’il menace en appellent à l’aide du législateur, l’occasion s’offre au citoyen de s’interroger sur la place de la liberté dans les modèles de société qu’on lui propose.

Du cœur des étoiles aux planètes habitables

Pascal Lambert, Doctorant en astrophysique, Service d’Astrophysique du CEA/Saclay

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22 avril 2007 | Lien permanent

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